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Le parler lyonnais

Les incontournables de Lyon

Date de dernière mise à jour : 20/12/2022

« Tout le monde peuvent pas être de Lyon, il en faut ben d'un peu partout » selon La Plaisante Sagesse lyonnaise. Le Lyonnais est un parler imagé, inspiré du franco-provençal qui, s’il n’est plus vraiment utilisé aujourd’hui, a tout de même laissé quelques traces dans le langage usuel des Lyonnais (c’est à cela qu’on reconnait les vrais !).

Soirée Vins au Guignol de Lyon © Théâtre le Guignol de Lyon

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La Plaisante Sagesse Lyonnaise de Catherin Bugnard

Ce langage coloré et amusant se prononce en traînant légèrement sur les finales, un peu à la suisse (on n’est pas loin des Alpes !) ou à la jurassienne, avec des a se prononcent â, des o qui se prononcent ô et des eu qui se prononcent eû (mais quand même moins qu’à Saint-Etienne) !  Ici, on a une forte tendance à semer des y un peu partout (pardon « de partout » en lyonnais !), comme dans un élégant « j’y ai fait ou j’y ai dit » ou même « Vous y avez pas su ? » ! Comme ici : « Le tout c’est pas d’y faire, c’est d’y penser ; mais, le difficile, c’est pas d’y penser, c’est d’y faire. » (La Plaisante sagesse lyonnaise)

A l’image de ses spécialités culinaires, le parler lyonnais est riche et savoureux !

Vous voulez vous délecter de ce langage ? Allez voir un spectacle de Guignol ! ou faites un tour dans la nouvelle salle d’exposition de Gadagne au MHL.

Et bien sûr, lisez La Plaisante sagesse lyonnaise, savoureux petit recueil de maximes populaires de Catherin Bugnard pseudonyme de Justin Godard, ou Le Littré de la Grand’Côte (dictionnaire du parler lyonnais édité en 1894 par Nizier du Puitspelu) qu’on trouve dans toutes les bonnes librairies de la ville !

Petit lexique du parler lyonnais

Les gens

  • Un gone est un enfant, ou un garçon.
  • Un gognand (ou pire, un grand gognand !) est un garçon un peu niais, un benêt, qui dit souvent des gognandises
  • Un cogne-mou est un homme sans initiative, un abruti.
  • Un frouilleur est un tricheur.
  • Une fenotte est une femme ou une fiancée. Exemple : ma fenotte est grignette car elle pignoche, veut dire ma femme est maigrichonne car elle mange sans appétit. (notez que pignocher veut aussi dire chercher la petite bête, couper les cheveux en quatre, ou autre expression similaire !).

L’amour

Pour déclarer sa flamme, le Lyonnais est très romantique et raffiné, comme ici : cette canante est chenuse, je lui ferais bein peter la miaille : cette jolie jeune fille est charmante, je lui ferais volontiers la bise !

  • Un engueuseur aime embabouiner et cocoler sa beline: un séducteur aime séduire et caresser sa chérie.
  • Banaver, c’est draguer une fille, mais c’est aussi mentir… Révélateur !
  • Reluquer, c’est regarder avec envie, admirer.

La cuisine et le ménage

Côté légumes, les barabans sont les pissenlits (on les utilise pour la salade lyonnaise), les betteraves rouges ici sont les carottes rouges et la mâche s’appelle la doucette.
Le mâchon est un copieux repas (cochonnailles et abats pris dans la matinée dans les bouchons par les canuts qui commençaient à travailler très tôt). Vous voulez essayer ?

Pour faire un matefaim (crêpe épaisse), on met un cuchon (un petit tas) de farine, et on verse un ou deux pochons (louches) de lait à cha peu (petit à petit) pour éviter les catons (grumeaux).

Un pot est une bouteille de vin de 46 cl avec un fond de 3 cm qu’on peut boire dans les bouchons (restaurants typiquement lyonnais) ou les pieds humides (petits kiosques buvettes installés sur les places, les quais ou au parc). Et la fillette est une mini bouteille de 25 à 29 cl : trop petit pour un vrai galope-chopine (un pilier de bar).

Et après le repas, on nettoie ! On passe la patte (le chiffon) et le panosse (la serpillière), et on jette les équevilles (les ordures ou les poussières).

Atelier de Soierie Vivante © Maxime Brochier

Le travail et l’argent 

  • Une gâche est un travail ou une place (ça en dit long !).
  • Un bistanclaque est un métier à tisser Jacquart, qu’utilise un canut (tisseur de soie).
  • Les pécuniaux, c’est l’argent, les économies (exemple plein de délicatesse dans la Plaisante sagesse lyonnaise : « Si te montres trop ta femme et tes pécuniaux, te risques beaucoup qu'on te les emprunte. Et pour ce qui est de les ravoir, y a des chances qu'elle te revienne plus vite qu'eux. »

La santé et les petits accidents de la vie

  • A Lyon, on ne se met pas une écharde dans le doigt, mais une échiffre !
  • Embugner ou bugner signifie heurter, cabosser.
  • Débarouler en buttant sur un gadin, c’est dégringoler en buttant sur un caillou ou une pierre.
  • Un bocon est une maladie, un virus.
  • Aller au ciel comme une bugne, c’est mourir en allant directement au paradis (car une bugne, c’est un beignet léger, servi pendant le carême !).

La vie, les expressions du quotidien 

  • Etre à cacaboson ou à crapotons en plein cagnard : être accroupi en plein soleil.
  • Aller à la vogue (fête foraine) en ficelle (funiculaire) pour faire des auto-tamponnantes.
  • Prendre du souci, c’est s’inquiéter ou prendre congé.
  • Bambaner, c’est se promener, flâner. 
  • Si on vous parle d’un miron, ne prenez pas l’air étonné : c’est juste un chat !
  • Côté "mode", les chaussures (plutôt éculées) sont des grolles et les guenilles sont des vêtements en très mauvais état, sales !
  • Enfin, pour dire qu’on fera quelque chose à son rythme, on dit qu’on le fera quand soi !

Et bien sûr, les traboules ont donné un verbe trabouler, très usité à Lyon pour emprunter des raccourcis, des traboules ou des allées.

Je sais pas si c’est le cas pour vous, mais nous, toutes ces expressions, ça nous fait rire du gilet !