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Edouard, blogueur Trace Ta Route © www.trace-ta-route.com
Exposition Erró au Musée d'Art Contemporain © www.trace-ta-route.com
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Exposition Erró au Musée d'Art Contemporain 3 © www.trace-ta-route.com
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ERRÓ au Musée d'Art Contemporain

Edouard, blogueur pour Trace Ta Route

Trace Ta Route est un blog de voyage qui réunit six passionnés. Certains articles parlent de destinations lointaines (autour du Monde) et d'autres beaucoup plus locales (Alpes, Paris...). L'auteur de l'article, Édouard, est venu à Lyon pour l’exposition d’ERRÓ afin d'apprécier « en vrai » ses grands formats.

Le MACLYON (Musée d’Art Contemporain) présente, du 3 octobre 2014 au 22 février 2015, une exposition rétrospective de l’oeuvre d’ERRÓ. Cet artiste réalise des peintures compilant des images issues de la culture populaire mondiale.

Le Musée d’Art Contemporain se situe sur les quais du Rhône, au cœur de la Cité Internationale : complexe architectural érigé autour d’une allée centrale comprenant un cinéma, un palais des congrès, un casino, Interpol… conçu par Renzo Piano (un des architectes du Centre Pompidou, Paris) et inauguré en 1995. Le bâtiment en briques rouges intègre une façade des années 30 (les anciens palais de la Foire de Lyon). C’est un des espaces d’exposition pour la Biennale d’Art de Lyon , une des plus importantes manifestations d’art contemporain de France.

Plusieurs sculptures ont été installées aux alentours du MAC : la boule de journal froissé « World Markets » (2004) de Wang DU, le camion mou « Truck » (2007) d’Erwin WURM et « Les habitants » (2006) série de 6 sculptures monumentales de Xavier VEILHAN. Pas loin, se trouve le Transbordeur , salle de concert très en place ! D’ailleurs, c’est dans ce coin que je me gare généralement pour aller au MAC. Après la visite, vous pouvez aller vous balader au Parc de la Tête d’Or (si le temps hivernal le permet…).

ERRÓ, ERRÓ, petit patapon ?

…De son vrai nom Guðmundur Guðmundsson, Erró est né en 1932 à Ólafsvík, petite bourgade islandaise de 1000 âmes se situant à l’ouest du pays, sur la presqu’île Snæfellsnes. Il vit et travaille à Paris depuis 1958.
 …Très tôt, Erró réalise descollages (procédé prisé par les dadaïstes et les surréalistes qu’il côtoie à Paris) à partir de revues scientifiques et techniques ou d’illustrations de magazines. Aujourd’hui, c’est encore avec ce procédé qu’il conçoit au préalable ses peintures. Après un séjour à New York où il rencontre les papes du Pop Art (Wesselmann, Warhol, Rauschenberg…), Erró commence à puiser dans les images de la culture mondiale (actualités, politiques, artistiques, comics…) et notamment des super-héros. Il observe le monde à travers ses images qu’il sélectionne, prélève, classe par thème se créant ainsi une banque d’images, puis il compose avec, dans une sorte de « sampling visuel ».

 J’ai souvent été rangé avec la Figuration Narrative, quelquefois avec le Pop Art américain.
 Finalement c’est Arthur Danto, un américain, qui a trouvé la réponse. C’est un très grand critique d’art (…).
 La première fois qu’il a vu mes tableaux, il a dit « Ça, c’est le pop baroque ». Ça me va très bien. » - Erró –

L’EXPOSITION au MAC LYON

L’exposition se déroule sur les 3 étages du musée, présentant plus de 500 œuvres (collages, peintures, dessins, films). L’exposition, organisée de manière chronologique, présente l’évolution de l’œuvre d’Erró, de ses premiers dessins jusqu’à ses « New Paintings » , en passant par ses collages.

L’exposition commence par une petite salle remplie de peintures et de collages d’Erró, juxtaposés et superposés sur les murs. On est déjà dans l’ambiance ! Ensuite, après une série de dessins et de peintures dans un style expressionniste (Bernard Buffet…) critiquant le totalitarisme du professeur (bon là, pour le coup, ça pourrait presque faire cliché de la catharsis de l’artiste souffrant dans son enfance…), on découvre ses collages dans la série « Collages – Paris » (vers 1959) qui trouvent ensuite une transposition en peinture dans la série « Méca-Make-up » ou un sculpture en assemblage (décor pour le film d’Alain DUVIVIER « Concerto mécanique pour la folie ou la folle mécamorphose » en 1962). On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec Max ERNST et les autres collages surréalistes ainsi que de repérer la prégnance de la machine mécanique dans l’univers d’Erró. On retrouve juste après des carnets, type bestiaire,  avec des collages en pièces mécaniques (poissons).

Après une série acerbe nommée « Le Monde de l’Art », on découvre les premiers grands formats où on note déjà l’intention de all-over (toile intégralement recouverte) et de saturer le format (« Galapagos » 1961). Un tableau a particulièrement retenu mon attention : « Autotransformateur des générations » (1961) qui anticipe certains plans de Matrix. Les tableaux suivants sont davantage des compositions surréalistes rappelant celles d’Yves TANGUY et les personnages de Hieronymus BOSCH.

…Après avec bien perçu son processus de collage, on le retrouve de « Retour d’USA » . Et à partir de là (1964), on voit clairement que sa matière première sera l’image populaire (bandes dessinées, magazines, œuvres d’art, images d’actualité…). Après avoir été immergé dans le flot permanent des images, il les intègre, compose directement avec (jusqu’à saturation ! « Foodscape » 1964) ou les confronte en les juxtopsant (« Stalingrad » 1964). Les tableaux reprennent les formes et les couleurs vives et contrastées des comics.

La première impression qu’on ressent quand on découvre une œuvre d’Erró, c’est un choc visuel. Un choc de par les couleurs, vives et contrastées. La rétine s’excite ! Puis de par les dimensions, souvent autour de 2 mètres de hauteur par 3 mètres de largeur. Avec l’accumulation dense de figures sur un tel format, l’œil se perd et n’arrive pas à réellement en fixer une. Il est constamment attiré par la figure à côté. L’œil zappe du fait de la profusion d’images. Tiens, tiens, tiens… Erró compose en juxtaposant les icônes mainstream, provoquant ainsi des rencontres inattendues qui sont autant de narrations possibles. Cette accumulation remplit intégralement l’espace littéral de ses toiles grand format, jusqu’à saturation. Une profusion d’images qui n’est pas sans rappeler celle de nos vies contemporaines.

…Erró réalise également ce qu’il appelle des « scapes » : des ‘paysages’ (souvent à structures géométriques) où s’accumulent les images d’un même thème. Comme ceux qui peuvent lire la matrice, ici, on voit le flux des images de notre société. Ces « planches tendance » agissent comme le miroir de notre société de consommation (d’images). Dès le 2e étage, on voit que Erró maitrise son procédé (collage, all over, saturation, couleurs vives…). Il l’utilise dans des compositions en référence à l’Histoire de l’Art (séries « Après Picasso » et « Art History« ) et à la culture pop (« French comicscape » 1985, série « Saga of american comics« …). Au passage, je vous recommande la petite salle interdite aux mineurs… (rien de bien méchant non plus !) qui rappelle les pages de Fluide Glacial (avis aux amateurs ) avec notamment « Etiopia ! » (1974).  La série « Made in Japan » , qd’après des estampes japonaises, est tout à fait exquise, comme « Battle of Kyoto » (1974).

Si les œuvres d’Erró apparaissent séduisantes, elles sont loin d’être aussi naïves qu’elles pourraient le laisser croire. Erró porte un regard critique sur notre société. Il joue avec la séduction de ces images et nos icônes pour mieux questionner leur pouvoir. Ses œuvres sont politiques : elles dénoncent la guerre (Vietnam, Irak…), les pouvoirs totalitaires (cubains, chinois, russes…) ou la consommation de masse (et personnellement, c’est davantage cette partie de son œuvre qui m’intéresse) : de façon littérale avec « The birth of Hitler » (1966) , « God bless Bagdad » (2003-2004) ; avec ironie, il dénonce les idoles (« Reagan scape » vers 1986 et la série « Spatiale« ) ; avec humour, il se joue de l’hégémonie du pouvoir et de son expression iconique en créant des mises en scène où se déjoue le pouvoir (séries « 4 cities » et « Chinese paintings » ).

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